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Rapatriement en Crise sanitaire

Rapatriement en Crise sanitaire

avril 17, 2020

 

 

Durant la crise sanitaire lié au Covid 19, près de 130 000 français ont été rapatriés des 4 coin du monde.
Le 7 avril, j'étais à bord d'un vol Qatar Airways, sous la demande du Ministère des affaires étrangères, pour un vol depuis Yangon au Myanmar, vers la France.

 

Un virus qui se répand, un monde qui s'enferme.

 

Alors que j’effectuais des achats en vue d’un confinement en Myanmar, je reçois un appel de l’ambassade, me demandant si j’étais toujours dans le pays, et que mon vœu de partir était toujours d’actualité. Après confirmation, mon interlocuteur me suggéra de lui envoyer rapidement mes informations sur le passeport.

Le jour suivant, un email de Qatar m’informait de deux vols, un pour le lundi 6 avril, l’autre pour le mardi 7. Les prix avaient doublé, mais pas le choix, c’est la dernière chance. L’avion partira le mardi 7 avril, à 1h50 du matin.

 

Laisser le Myanmar derriere soit 

Me voilà à quelques heures du départ, m’inquiétant de plus en plus de mes amis restés ici, surtout des Birmans qui ne pourraient pas s’offrir le luxe de se soigner.

 En route vers l'aeroport

Le trajet jusqu’à l’aéroport, qui prendrai jusqu’à 2h en temps de fort trafic, s’effectue en seulement 25 minutes. Le parking est vide et l’aire d’attente pour les taxis abandonné. Je pénètre à l’intérieur du batiment, passe le sas de sécurité et me dirige vers l’enregistrement. Au-dessus de ma tête, un écran diffuse les prochains vols : tous sont annulés.

Aéroports vides, résultat du COVID

Boarding pass en main et passeport tamponné par l’immigration, l’aéroport a exceptionnellement ouvert un passage se rendant directement à la salle d’embarquement, évitant ainsi la zone Duty Free.

Curieux, je décide d’emprunter discrètement l’escalator pour me rendre dans la zone commerciale.

Je me retrouve face à une allée sombre, les rideaux des enseignes internationales sont baissés, les étales sont vidés. Les chaises et tabourets font offices de barrières dans les cafés et fastfoods.

 

Il est l’heure d’embarquer. Nous sommes une soixantaine de passagers, au maximum, de plusieurs nationalités. Quelques familles expatriées, souvent mixtes. Quelques touristes d’un certain âge en petits groupes et quelques jeunes routards, souvent sur la route depuis plusieurs mois, voire quelques années.

 

 

Par mesure d’hygiène, aucune couverture ni coussin n’est distribuée. Nous sommes rigoureusement éloignés les uns des autres dans l’avion pour éviter tout contact alors que le personnel naviguant porte gants et masques tout le vol durant.

Le voyage se passe sans encombre, nous atterrissons à Doha, où le même spectacle s’offre à nous : Un aéroport vide, silencieux. Un café ou deux restent tout de même ouvert. Les autres commerces non. Les écrans annoncent les prochains départs : 19 destinations au total contre 160 habituellement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le second appareil pour Paris d’autres ressortissants français nous ont rejoints au Qatar et nous sommes clairement plus nombreux. L’aéronef est lui aussi plus grand. Au total, 18 heures de vol vont nous mener jusqu’à la capitale.

 

Une France comme dans un roman de Science Fiction

Nous voilà enfin posé à Roissy-Charles de Gaule.  Nous devons passer l’immigration. Dans la file d’attente, j’entends parler espagnol. Une correspondance à surement dû être mise en place vers a péninsule ibérique. Les autorités me demandent ma destination finale, Perpignan et me délivrent une attestation d’arrivée sur le territoire.  

 

Les trains étant rares, je dois passer une nuit dans l’appartement d’un ami sur Paris, puis prendre un train jusqu’à Montpellier. Passer encore une nuit et prendre un train très tôt le lendemain pour Perpignan.

 

A Paris, j’assiste pour la première fois aux fameux applaudissements aux fenêtres en soutien aux personnels hospitaliers depuis l’appartement de mon ami qui m’héberge. Circulant en métro jusqu’à la Gare de Lyon le lendemain, je ne me rends pas compte du vide dans les rues laissé par le confinement. Mais le même spectacle se répète dans la gare où les rares annonces sonores viennent casser le silence.

 

Un contrôle rapide s’effectue à l’entrée du quai 23 et me voilà à l’intérieur du TGV. Seuls 5 autres personnes sont dans la même voiture que moi. Parmi les bagages présents, je constate des étiquettes d’aéroports encore attachés. Deux personnes ont été évacués précipitamment  du Vanuatu, mais à cause d’un typhon.

3h20 plus part, me voilà à la gare Montpellier Saint Roch. Quelques vérifications se font aléatoirement par la police à quai. Un tramway me dépose à quelques pas de la résidence de ma sœur. Il reste une étape jusqu’à Perpignan.

 

 Dernière ligne droite jusqu'à Perpignan

La nuit a été courte : le départ du train est à 6h50. Confortablement assis à bord du train, je regarde ces paysages que j’aime tant défiler de l’autre côté de la fenêtre. Le Canigó s’est confiné derrière les nuages, je ne le verrai pas.

 

8h30 ce jeudi de mon arrivée ressemble à un dimanche midi habituel. Je me dirige vers le bus où il n’y aura qu’une seule autre passagère. La montée s’effectue par l’arrière et l’accès à la conductrice est protégé par des cordons. Le bus est gratuit et applique les horaires du dimanche.

Le trajet reste inchangé et on passe devant le Castillet. Quelques rares personnes sur la place de la victoire, sac à cabas où laisse pour chien en main.

 

En descendant à mon arrêt, je suis frappé par ce silence. Le bus hybride a coupé son moteur, et les oiseaux ont commencé à siffler. Je suis le seul sur l’avenue. Quel bonheur.

Depuis ma chambre j’aperçois les Albères

Je suis rentré.  

 



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