The PURE PHOTOGRAPHY EXPERIENCE

Mais qui es-tu, Guilhem ?

Mais qui es-tu, Guilhem ?

avril 01, 2020

Avant tout, peux-tu te présenter en quelques mots?

Je m’appelle Guilhem, je suis originaire des Pyrénées Orientales, j’ai 42 ans et je suis un peu touche à tout dans la vie. J’aime avoir des projets dans ma tête et dans ma vie, ils me permettent de me lever le matin sinon je préfère rester au lit. Même si longuement vécu sur Paris (15 ans au total), je me sens proche de la nature et ne me sens bien que si je suis entouré d’arbres et de montagnes.

Comment la photographie est-elle entrée dans ta vie?

Très simple ! C’était en 2006. Je partais passer un long WE en Tunisie avec ma boite d’alors et je me suis dit « c’est un de tes premiers voyages en dehors d’Europe, il faut que tu ramènes des souvenirs et des photos ! ».

J’ai alors acheté mon premier appareil photo, un Canon EOS 350D avec un Sigma 18-250 et je suis parti à Tozeur, la porte du Sahara. C’est de ce voyage finalement initiatique que me viendra mon amour immodéré pour les déserts, sa chaleur sèche, son silence et cette sensation d’infini.

Je revendais cet appareil photo 1 an plus tard à un marocain de Oujda, à la frontière entre le Maroc et l’Algérie. Nous restions en contact pendant quelques mois puis, en 2009, il reprit contact pour me proposer de participer à une rencontre photographique qu’il organisait dans sa ville.

Le virus du voyage et des rencontres venait de m’attraper pour ne plus me lâcher. Lors de ce séjour, je faisais la connaissance de Simon Wheatley, mon maître, mon mentor, qui apprécia mes photos et me pris sous son aile l’espace de quelques jours pour me partager sa philosophie de la photographie. Qui de mieux qu’un photographe de l’Agence Magnum pour vous apprendre les bases ?

Quelles sont tes sujets de prédilection en photo?

Les êtres humains sans hésiter. Je déteste préparer mes prises de vue, monter des scènes, réfléchir à l’éclairage optimale… ce n’est pas pour moi ça….
Ce que j’aime, avant tout, ce sont les gens, les endroits et les odeurs. Très importants les odeurs ! Et puis, naturellement la lumière, sans laquelle la photographie ne serait pas possible.

Assez paradoxalement, je n’aime pas prendre de photos…. Il me faut me sentir bien quelque part avant de commencer à pouvoir photographier. Et quand je prends mon appareil, si j’arrive à prendre 30 photos dans une journée, c’est bien un maximum.

Quelles ont été les étapes importantes dans ton apprentissage de la photographie?

Cela a été très progressif. A la base, je suis un timide maladif… et la photographie a été une thérapie salvatrice qui m’a permis de sortir de ma coquille et d’entrer en contact avec les gens.

Mais que le chemin fut long pour arriver là… ainsi, mes premiers sujets ont été les immeubles. J’ai bien passé 3 années à perfectionner mon apprentissage des bases de la photographie en photographiant les immeubles de La Grande Motte avec des téléobjectifs (du 100mm, 200mm et 300mm) ou alors au contraire de l’ultra grand angle (avec un Sigma 10-20mm).

Puis, à partir de 2009 et suite à ma rencontre avec Simon Wheatley, j’ai commencé la photographie de rue et la photographie humaniste à travers des séjours prolongés en immersion avec des locaux et dans différents régions du monde.

La photographie est un moyen d’expression, que cherches-tu à faire comprendre à travers tes photos?

Ce n’est pas très clair pour moi… je ne cherche pas vraiment à faire passer quoi que ce soit par mes photos. Chacun y trouve ce qu’il a envie de trouver, en reflet et regard de ce qu’il est lui-même. Ma seule volonté, à travers mes photos, c’est de montrer un autre regard que ce que l’on voit habituellement à la télévision et qui est quasi toujours faux, mensonger et biaisé.

Ma volonté, c’est de simplement rendre hommage aux personnes que je rencontre, qui me consacre du temps quand je les photographie et qui veulent, en quelque sorte, témoigner de leur vie. Il n’y a pas de message caché ou subliminal, pas de mise en scène.

Que représente la photo pour toi?

C’est le remède à ma timidité et ma propension à me fermer sur moi-même. La photographie m’a sauvé, littéralement, car elle m’a permis de sortir de ma zone de confort, de me remettre en question et d’aller vers les autres. Et puis, elle m’a permis de rencontrer des personnes absolument fantastiques et éblouissantes, d’aller dans des endroits où je n’aurais jamais pu penser aller.

Où trouves-tu ton inspiration?

C’est pompeux à dire, mais je pense qu’elle me vient de l’âme des gens. Si je me sens bien à un endroit et avec des gens, l’inspiration viendra sans même que j’y pense. Sinon je serai dans l’incapacité absolue de prendre une seule photo.
De même, j’essaie de rester très distant des autres photographes car, d’une part, j’ai extrêmement honte de mes photos comparé à ce que je peux voir, et, d’autre part, car je ne veux pas être tenté de m’en inspirer pour mes propres photos et ainsi perdre ma propre manière.

Quel matériel photo utilises-tu?

Mon reflex actuel est un Pentax. J’ai basculé de Canon à Pentax en 2007 car j’adore les vieux objectifs, ceux des années 50 à 80. Je fois en posséder une bonne vingtaine, depuis le 10mm au 400mm. Naturellement la majorité d’entre eux sont 100% manuel, tant pour le focus que pour l’exposition.

Sinon, j’ai un RICOH GR2, un appareil très compact équipé d’un capteur de type APSC et d’un 28mm fixe. Il est quasi indétectable et j’ai pu prendre des photos dans des endroits où il fallait vraiment être extrêmement discret.

Et enfin, je suis passé Fuji depuis 2017 avec un XE3, un petit appareil lui aussi très compact mais à objectifs interchangeables. L’autofocus est redoutablement efficace et la série 23mm f2 / 35 f2 / 50 f2 est vraiment extraordinaire !

Passes-tu beaucoup de temps à retoucher tes photos?

Je passe toujours trop de temps à retoucher mes photos…. Déjà, ça commence par le tri… Heureusement je n’en prends jamais plus de 30 par jours, sinon je ne m’en sortirai pas.

Après, concernant les retouches en elles-mêmes, je travaille principalement les contrastes (j’adore les photos très contrastées) et les ombres / hautes lumières. Bref, je passe entre 5 et 10mn par photo au maximum.

Par ailleurs, Je ne recadre quasiment jamais mes photos, sinon j’ai l’impression de « mentir » et j’aime avoir des éléments de contexte autour de mes sujets.

Quels sont les photographes qui t’inspirent?

Très peu… mais dans le lot, il y’a Simon Wheatley et, par bonheur, je l’ai rencontré. Mais au-delà de ses photos, c’est sa philosophie photographique que j’ai apprécié. Enfin un photographe qui ne parle pas de son matériel photo mais qui pourra vous parler pendant des heures de la lumière et de l’âme des gens qu’il photographie. Son travail est absolument remarquable et il s’agit d’un esprit libre, un vrai. Merci Simon.

Selon toi quelles sont les qualités principales que doit avoir un photographe?

De l’empathie pour aimer ses sujets. Sans cela, comme peut-il espérer restituer la beauté de ses modèles ?

Enfin, quels sont tes projets pour 2020?

Retourner en Afrique, le plus vite possible ! J’aime très profondément ce continent.



Laisser un commentaire

Les commentaires sont approuvés avant leur publication.


Voir l'article entier

Nouvelles distinctions en compétitions
Nouvelles distinctions en compétitions

mai 13, 2020

Je suis particulièrement fier aujourd'hui d'avoir été informé que 2 de mes photos ont été récemment distinguées lors d'une de ces compétitions et vont donc rejoindre ma centaine d'autres photos déjà distinguées par le passé.

Voir l'article entier

Mais qui es-tu Steph ?
Mais qui es-tu Steph ?

avril 10, 2020

Stéphane est un photojournaliste et vidéaste franco-indonésien. A 22 ans il décide de découvrir l’Asie et l’Océanie où il fait ses premiers pas le photoreportage. Il obtient le D.U de photojournalisme à l’Université de Perpignan et remporte la même année le « Prix Découverte » au festival Off de Visa pour l’Image avec son reportage en Iran.

Voir l'article entier

Mais qui es-tu, Flo ?
Mais qui es-tu, Flo ?

mars 29, 2020

Jeune photographe talentueux, passons donc un peu de temps avec Florian Tomasini pour qu'il nous en dise plus sur lui et sa manière de pratiquer la photographie.

Voir l'article entier