The PURE PHOTOGRAPHY EXPERIENCE

Mais qui es-tu Steph ?

Mais qui es-tu Steph ?

avril 10, 2020

Stéphane est un photojournaliste et vidéaste franco-indonésien. A 22 ans il décide de découvrir l’Asie et l’Océanie où il fait ses premiers pas le photoreportage. Il obtient le D.U de photojournalisme à l’Université de Perpignan et remporte la même année le « Prix Découverte » au festival Off de Visa pour l’Image avec son reportage en Iran.

Son documentaire sur la permaculture au Maroc est relayé par de nombreux médias et atteint les 500 000 vues.

Fin 2017, il s’installe au Myanmar (Birmanie), il y enseigne la photographie et travaille à l’organisation du Yangon Photo Festival. En 2018, il remporte le « Prix Nature et Environnement » au Grand Prix étudiant Paris Match.

En 2019, il rejoint l’agence Studio Hans Lucas.

Avant tout, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Stéphane, 29 ans. Je suis un passionné de photographies avant tout, et chanceux d’en avoir fait mon métier. Mes inspirations se nourrissent à travers les voyages, mais sur surtout les rencontres.

Chacune des personnes sur son chemin à une histoire incroyable qui vaut la peine d’être saisies.

Comment la photographie est-elle entrée dans ta vie ?

La photographie est rentrée par le cinéma que je dévorai très jeune. La première fois que j’ai eu un appareil photo dans les mains, adolescent, c’était pour recréer des scènes de films qui m’ont marqués. Plus tard, au lycée, je passais beaucoup de temps avec une amie qui avait un appareil photo.

C’était aussi le début de Facebook en France. Une fois les photos en lignes, beaucoup de personnes sur les réseaux m’ont poussé à continuer dans cette voie-là. En parallèle, je commençais à regarder Visa pour l’Image autrement.

Quels sont tes sujets de prédilections en photo ?

Tout comme mes compères Guilhem & Flo, (et c’est ce qui nous rassemble) c’est de mettre l’Humain au centre de mes sujets. Leurs histoires, leurs sourires, leurs peines. Mais aussi leur environnement, l’impact de la société sur eux, mais aussi eux-mêmes sur leur société, leur communauté.

Chaque personne est digne que l’on se souvienne d’eux, et la photographie sert à ça.

Quelles ont été les étapes importantes dans ton apprentissage en photographie ?

Pour cela, il faut remonter plus loin… J’ai d’abord étudié le génie-civil qui est à des années lumières de la photographie. Je suis allé jusqu’en licence où je me suis spécialisé dans la conception assisté par ordinateur de plan béton armé pour de grosses infrastructures. Après 1 an en CDD dans un bureau d’étude je décide de partir avec mon sac à dos et découvrir le monde. J’ai alors 23 ans.

C’est hors des sentiers battus, loin des tumultes des spots touristiques que je commence à raconter des histoires grâces à la photographie. Les années à visiter les expositions de Visa pour l’Image font maintenant écho dans mes démarches.

Cela me motive encore plus d’aller à la rencontre des autres, de partager des moments avec des inconnus, de le questionner, les écouter.

Après 14 mois de voyages, je rentre enfin à Perpignan et décide de m’inscrire au D.U de photojournalisme de Perpignan afin de me perfectionner, me structurer et rencontrer mes semblables, et confrontent pour la première fois mes photos à des professionnels, dont leur conseils vont me faire prendre du galon très rapidement. Je rencontre mon mentor la même année, Christophe Loviny qui me propose de le suivre au Myanmar.

La photographie est un moyen d’expression, que cherches-tu à faire comprendre à travers tes photos ?

Tout d’abord témoigner, d’un instant T à un endroit précis. Je m’interroge souvent sur comment on lira notre époque dans un futurs plus ou moins proches, comme nous lisons aujourd’hui les époques passés grâces à différents supports qui ont traversés le temps.

En plus de photographier pour mes contemporains, je me projette pour ceux qui pourraient tomber sur mes clichés dans 5, 10, 100 ans. C’est pourquoi j’essaie de montrer un maximum de choses dans la composition de mes photos. En plus de la lumière, je fais attention à quelques détails pour que l’on puisse situer l’action dans l’espace et dans le temps. Tout en, encore une fois, centrer mes clichés sur les gens.

Où trouves-tu ton inspiration ?

Tout comme Guilhem, les rencontres sont la base de mes inspirations.

As-tu un souvenir d’une photo que tu souhaites partager avec nous ?

Mon premier portrait. En Asie du Sud-Est, j’avais comme fil conducteur de rentrer des centenaires, ces perles d’éternités comme j’aime à les appeler. Je sortais ainsi de ma zone de confort pour aller vers les gens.

J’ai la chance de parler indonésien grâce à ma mère et dans un village Sasak sur l’île de Lombok en Indonésie, j’ai appris qu’une dame centenaire vivait dans les hauteurs de cette communauté. Curieux, les habitants m’ont invité à la rencontre.

C’était dans une petite maison de fortune, ou plutôt ou cabane qu’allait se passer la rencontre.  L’habitat était constitué de bambous, de planches de bois et de feuilles de palmiers qui laissaient passer quelques rayons de lumières. Il y avait deux pièces : une qui pouvait recevoir les gens et servait aussi de cuisine, la deuxième était la chambre de cette centenaire encore dans la pénombre. Les deux pièces étaient séparées d’un simple rideau. J’attendais dans la première pièce, tasse de thé à la main, avec un habitant du village quand une dame est sortie à travers les rideaux. Les quelques rayons de soleil éclairaient son visage et sa beauté m’a sauté aux yeux. Assises à mes côtés, l’habitant du village traduisait depuis la langue Sasak le témoignage de cette dame, Ndari.

Après de longues heures à écouter Ndari, je commencais enfin à sortir mon appareil photo. La lumière posée sur elle mettait en valeur les rides que le temps avait sculpté sur son visage.

Pour ne pas l’intimider avec un appareil photo imposant qu’elle n’a vu que très rarement, je prétextais prendre les objets autour d’elle, l’habituant ainsi au bruit de déclenchement de mon Nikon.  Discrètement, je pointais mon objectif sur elle et paf, j’avais mon cliché. Quelques instants plus tard je lui montrais son visage sur l’écran de mon appareil, m’avouant qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de se voir en photo comme ça.

Quel matériel photo utilises-tu ?

J’ai deux boîtiers Nikon : Un D750 et un D3100, et 5 objectifs : un 18-55, un 35mm à 1.8, un 50mm à 1.4, une télé 70-200 mm et un grand angle 16-28 à 2.8. Je pense investir dans des hybrides, plus petits et donc plus discret.

Passes-tu beaucoup de temps à retoucher ta photo ?

Oui, sur Adobe Lightroom. Il y a tout un travail d’editing en amont, c’est-à-dire choisir les photos qui vont constituer ta série.  Malgré le fait d’avoir créé plusieurs presets sur lightroom qui me permettent de gagner du temps j’aime à revenir sur chaque image pour en faire ressortir son essence même. Il y a ensuite les métadonnées où il faut être très rigoureux pour un bon référencement en ligne.

Quels sont les photographes qui t’inspirent ?

Beaucoup beaucoup, David Douglas Duncan, Stanley Green, Paula Bronstein, Sebastian Salgado, Pascal Maitre, Lu Giang, Martin Parr… des approches et des visions différentes. Leurs travaux me fascinent tant sur leurs sujets approfondis, que sur leur esthétisme, activisme ou regards décalés de la société.

Selon toi, quelles sont les qualités principales d’un photographe ?

Patience, observation, curiosité, écoute et discrétion

Enfin, quels sont tes projets pour 2020 ?

Je travaille pour un programme qui enseigne le photojournalisme à des étudiants birmans. Un programme qui aboutit sur le Yangon Photo Festival qui mélange les reportages de nos étudiants à de grands professionnels comme Franck Seguin, Adam Dean, Alessandro Penso ou Paula Bronstein tout récemment. En parallèle, je documente la vie de jeunes réalisateurs qui appartiennent à la nouvelle génération du cinéma birman.



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